Survivre au travail d’équipe malgré les différentes personnalités

Marc et Sylvie travaillent ensemble depuis 8 mois. Ils sont techniciens en marketing dans une entreprise du domaine des cosmétiques et sont tous deux reconnus par leur chef d’équipe comme étant très compétents. Pour le lancement d’un nouveau produit, celui-ci les a donc jumelés afin de développer un concept promotionnel. Cela fait quatre semaines qu’ils planchent sur ce projet, et presque rien n’avance. Que se passe-t-il?

En fait, Marc et Sylvie se sont toujours respectés et échangeaient même parfois des idées. Tout allait pour le mieux, tant qu’ils avaient chacun leurs projets à gérer. Mais dès qu’ils ont été contraints de travailler quotidiennement ensemble, leur relation a tourné au vinaigre. Marc reproche à Sylvie d’être trop pointilleuse, de ne rien vouloir avancer tant que tout n’est pas à son goût. Sylvie, pour sa part, trouve que Marc est négligeant, arrivant en retard aux réunions et n’ayant pas toujours complété ce qui était requis.

Lorsqu’on observe cette situation avec du recul, il est clair que ce qui « accroche » dans cette relation d’équipe, ce sont les différences de personnalité. Ne se connaissant que de façon plutôt superficielle, les deux collègues n’avaient jamais été confrontés aux caractéristiques fondamentales de l’autre. De plus, en situation comportant davantage de pression, tel qu’un échéancier serré, leurs traits peuvent ressortir de façon encore plus marquée.

C’est pourquoi, avant de se lancer dans une démarche de travail d’équipe à plus long terme, il est important d’apprendre à se connaître. Un bon gestionnaire devrait avoir à l’esprit les grandes lignes de ces différences de personnalité et accompagner ses employés afin de les aider à s’apprivoiser. Une telle approche peut sembler ralentir le travail au début, mais il s’agit en réalité d’un important investissement qui peut rendre le travail beaucoup plus efficace par la suite.

Dans notre exemple, il aurait pu être utile pour Marc et Sylvie de faire d’abord un examen de conscience de leurs forces et faiblesses. Ainsi, Sylvie aurait pu se décrire à Marc comme étant très organisée et soucieuse des détails, préférant planifier les étapes. De son côté, Marc aurait pu avouer à Sylvie qu’il avait tendance à peu se soucier des échéanciers, mais qu’en contrepartie il foisonnait d’idées créatrices lorsqu’il ne sentait pas la pression du temps peser sur lui. De cette façon, chacun aurait interprété le comportement de l’autre en mettant davantage l’accent sur les complémentarités du duo, plutôt que sur les aspects irritants. De quoi éviter bien des malentendus et des grincements de dents!

Après quelques semaines de confrontations et de mauvaise humeur, il n’est pas trop tard pour changer de cap. Forts de ces nouvelles informations, Marc et Sylvie, accompagnés de leur chef d’équipe, ont décidé de reprendre leur plan de travail en se répartissant les tâches en fonction des forces et du rythme de chacun. Il est certain que tout ne roule pas toujours parfaitement, mais les « accrochages » sont maintenant mieux compris, et se soldent souvent par un avancement significatif du projet. Un peu à l’image d’un couple, les divergences d’opinion peuvent même ajouter du piquant à la relation et les défauts peuvent être de nouveau perçus comme des qualités.

Dans les cas où l’équipe comporte plus de deux personnes, la même démarche s’impose car cette fois-ci, c’est comme dans une famille! De plus, par ailleurs, il peut être particulièrement indiqué d’établir des valeurs d’équipe ou des règles de fonctionnement et de communication. Par exemple, le non jugement des autres, le respect des agendas, etc. Vous avez donc maintenant quelques clés pour bien travailler en équipe et poursuivre votre route sur le chemin du succès.

Guylaine Deschênes, Ph.D., CRHA