Se connaître, s’accepter, s’aimer

Comment cultiver un sentiment d'équilibre dans le tourbillon de la vie, qui va vite et pas toujours comme on le voudrait? Selon moi, ça prend trois clés : se connaître, s'accepter et s'aimer. L'oeuvre d'une vie... je suis bien d'accord.

Voici quelques pistes pour vous aider à acquérir ces trois outils précieux. Dès l'enfance, on vit des expériences qui nous amènent à se découvrir et à apprendre à se connaître. Parfois, les adultes significatifs nous aident en ce sens, parfois ils nous amènent à adopter une vision distordue de la réalité. Maintenant qu'on est adulte, il est temps de faire du ménage dans nos croyances sur nous-mêmes.

Pour ce faire, prenons un temps d'arrêt pour se questionner, le plus objectivement possible :

« Quelles sont mes plus belles qualités, ce que les autres apprécient chez moi? »

« Quels sont mes talents, ce dans quoi je réussis souvent sans effort? »

« Quels sont mes intérêts, mes passions, qu'est-ce qui m'attire dans la vie? »

« Quelles sont les choses que je n'aime pas faire? »

« Quels sont mes défauts, les choses que j'ai honte d'être? »

« Quelles sont mes plus grandes peurs? »

Une fois cet exercice terminé, on ne lâche pas, car le plus gros du travail reste à faire! Accepter ses qualités, habituellement ça se fait bien. Reconnaître ses intérêts et passions et s'accorder le droit de les vivre, c'est parfois un peu plus difficile. L'auto-censure est si facile : « Je ne peux pas faire ça, qu'est-ce que les autres vont penser de moi...? » Pourtant, pour vivre une vie authentique et satisfaisante, il est essentiel de ne pas nier ses intérêts et ses passions.

Quant à la partie sombre de soi (défauts, peurs, faiblesses), on peut soit l'améliorer ou apprendre à vivre avec. Dans certains cas, une thérapie ou un accompagnement professionnel peut être bénéfique. Dans d'autres cas, on peut trouver des moyens de compenser, par exemple en s'entourant de quelqu'un qui possède cette qualité qui nous fait défaut. On peut aussi apprendre à relativiser : est-ce si grave de ne pas être la personne la plus patiente du quartier? On dit qu'on a souvent le défaut de nos qualités, alors mettons surtout l'accent sur les aspects positifs qui nous distinguent.

S'accepter tel que l'on est, ça ne veut donc pas dire abandonner ou se laisser aller. Ça veut dire miser sur ses forces et vivre avec ses défauts en en minimisant l'impact négatif. Pour mieux comprendre cette idée, prenons un exemple de la nature. Si j'ai planté un pommier en espérant qu'il ne produira que des fleurs et des pommes parfaites, et bien je risque fort d'être déçue. Par contre, si je profite au maximum de sa période de floraison en le regardant, le photographiant ou le peignant, je célèbre sa beauté et ses qualités. Si je cueille une de ses plus belles pommes et la savoure, je met l'accent sur les « talents » de mon pommier, sur ce qu'il fait de mieux. Mais mon pommier produit aussi des pommes moins belles, tachées, abîmées... Est-ce que je vais pour autant les détruire avec colère et en vouloir à mon arbre? Bien sûr que non! Je peux réagir autrement en acceptant ces pommes moins belles, en les transformant en compost, en compote ou en gelée de pommes... Beaucoup plus constructif, n'est-ce-pas?

Et bien voilà le défi que je vous lance pour apprendre à vous aimer : acceptez-vous tel que vous êtes jusque dans vos moindres cellules. Chaque partie de soi a sa raison d'être et nous avons quelque chose à en tirer. Si nous sommes capables d'aimer nos enfants de façon inconditionnelle malgré leurs imperfections, rien ne nous empêche de faire la même chose avec nous-mêmes. Et ce sera une belle leçon de vie pour notre progéniture. Quand on sème de l'amour, on récolte du bonheur et tout le monde y gagne!

Guylaine Deschênes, Ph.D., CRHA

Cet artice a été publié sur le site de Mères & Cie (2011).