Mobiliser, c’est fidéliser

Dans un contexte où les entreprises sont à la chasse aux meilleurs talents, les termes mobilisation et fidélisation sont en vogue. Il y a quelques années, on parlait plutôt de rétention du personnel pour faire référence à ces concepts. En effet, par peur de perdre leurs meilleurs ressources, les employeurs étaient appelés à mettre en œuvre des stratégies pour « retenir » leurs employés. Avec les nouvelles générations qui arrivent sur le marché du travail, non seulement le vocabulaire doit évoluer, mais aussi l’approche. Les employés ne veulent pas se sentir prisonniers de leur emploi! Ceux qui restent pour le régime de retraite se font de plus en plus rares. Maintenant, on souhaite que les employés aient envie de faire un bout de chemin avec l’organisation parce qu’ils y sont bien, tout simplement. Le texte qui suit vous permettra de mieux comprendre ce qu’est la mobilisation et quelles sont les façons d’y arriver dans votre entreprise.

Qu’est-ce que la mobilisation?

Selon le Larousse, la mobilisation serait l’action de rassembler et de dynamiser les énergies. Autrement dit, mobiliser serait la capacité à réunir et à utiliser des forces en vue d’une action. Il est important de distinguer ici les termes mobilisation et motivation, qui sont complémentaires, mais pas synonymes. En effet, on peut être motivé sans être mobilisé. La motivation est un état individuel qui amène l’individu à mettre des efforts pour atteindre ses objectifs. Une personne peut, de par son tempérament, faire preuve d’un grand degré de motivation intrinsèque, c’est-à-dire qu’elle sera toujours prête à donner le meilleur d’elle-même afin de se réaliser personnellement ou professionnellement. On peut dire qu’elle est motivée par le sentiment du travail bien fait ou du devoir accompli. D’autres personnes ont besoin de sources de motivation extrinsèques, soit sous forme de récompenses ou autres incitatifs. Enfin, il arrive qu’un employé puisse être temporairement démotivé, soit pour des raisons organisationnelles (ex : manque de reconnaissance) ou personnelles (ex : problèmes familiaux). Le parallèle entre la motivation et la mobilisation peut se tracer ainsi : la mobilisation serait une sorte de mouvement de motivation collective.

Pour qu’un gestionnaire puisse réussir à mobiliser son équipe, les employés doivent au préalable avoir développé un lien affectif envers l’organisation, ce qu’on appelle l’engagement. Un employé pourra faire preuve d’engagement s’il adhère à la mission et aux valeurs de l’organisation, et s’il a eu l’occasion de développer un sentiment d’appartenance avec son équipe de travail. C’est seulement une fois que ces conditions sont remplies que les efforts pour susciter la mobilisation pourront être efficaces.

Comment, concrètement, peut-on mobiliser ses employés?

Il existe plusieurs moyens ou leviers pour créer un effet mobilisateur. À la base, les employés accepteront de se mobiliser s’ils reçoivent quelque chose en retour, notamment la possibilité d’évoluer dans un environnement de travail sain et la possibilité de se développer. En d’autres termes, les employés pourraient se dire « je vais investir en vous si vous investissez en moi ».

Voici les ingrédients clés à mettre en place pour une équipe mobilisée :

  • équité (charge de travail et conditions de travail)
  • respect (communications)
  • écoute et soutien (diminution des irritants et du stress inutile)
  • rétroaction constructive et reconnaissance
  • responsabilisation (défis stimulants, participation aux décisions)
  • confiance mutuelle
  • développement des compétences (formation, coaching)
  • plaisir et bien-être au travail

Il est important de noter qu’aucun de ces ingrédients n’est suffisant en soi. Lorsqu’ils sont réunis, nous obtenons des conditions optimales pour la mobilisation.

L’art de la mobilisation

La capacité à mobiliser les troupes dépend beaucoup de la personnalité du gestionnaire en place. Certains adoptent naturellement une approche qui inspire les employés à contribuer à leur plein potentiel en sein de l’organisation. Pour d’autres, il faudra modifier certains comportements ou se faire coacher par des professionnels en gestion des ressources humaines.

Dans tous les cas, le gestionnaire devra s’assurer qu’il utilise bien les forces des membres de son équipe, notamment en veillant à ce que chaque personne occupe un poste qui correspond bien à ses compétences et à ses aspirations. C’est souvent dans des communications informelles que le gestionnaire découvre les talents, les goûts, les loisirs et les passions des membres de son équipe. Tout cela peut mettre en lumière la valeur ajoutée unique de chaque individu.

Ensuite, le gestionnaire devra observer sa propre façon d’être. Est-il un bon modèle, prêchant par l’exemple? Le gestionnaire capable de mobiliser en est un qui possède un bon leadership, qui inspire par ses actions et ses paroles. Il doit aussi faire preuve d’une bonne capacité d’influence afin de convaincre les autres que l’objectif visé est valable.

Savoir mobiliser, c’est un art qui s’apprend. Il suffit d’y mettre du sien et de toujours garder en tête l’objectif commun et le bien collectif. Le favoritisme peut vous permettre de garder un joueur, mais au risque de perdre tous les autres. Alors que l’équité et les autres ingrédients mentionnés plus haut vous aideront plutôt à fidéliser tous vos bons atouts. À vous de jouer!

Guylaine Deschênes, Ph.D., CRHA

Cet article a été publié sur le site de Cameron RH (2015).