Les fameuses habiletés politiques…

Qu’est-ce qui distingue deux employés aussi intelligents et compétents techniquement l’un que l’autre quand un des deux reçoit des offres de promotions et des marques de reconnaissance régulièrement, tandis que l’autre stagne et reste toujours dans l’ombre? Le premier a fort possiblement de meilleures habiletés politiques. Mais qu’est-ce que ça mange en hiver, au juste, ces fameuses habiletés dites politiques?

Les habiletés politiques ont parfois mauvaise presse. On les associe souvent à la magouille et au manque de transparence. Pourtant, ce sont des habiletés qui peuvent s’avérer vraiment utiles pour une gestion de carrière dynamique et efficace. C’est grâce à elles qu’une personne peut avoir de l’influence sur les décisions ou un impact réel dans son milieu de travail.

On peut définir les habiletés politiques comme étant : « les comportements concrets (tactiques politiques) utilisés pour promouvoir ses intérêts personnels dans les organisations ». Que ce soit dans des contextes informels ou lors des luttes de pouvoir, il est utile de savoir tirer son épingle du jeu.

Voici quelques exemples de tactiques politiques qui peuvent être bien vues dans les organisations :

  • persuader les autres, par l’utilisation d’arguments rationnels ou en ramenant ses arguments au bien commun

  • développer une relation de mentorat (mentor ou mentoré)

  • jouer un rôle d’expert à l’interne

  • développer une alliance stratégique avec un individu ou un groupe afin d’accroître l’appui de sa position ou d’atteindre un objectif particulier

En contrepartie, certaines tactiques politiques sont moins facilement acceptées :

  • échanger des faveurs pour obtenir un gain personnel

  • flatter son(ses) supérieur(s) en le(s) louangeant et en établissant une relation positive avec lui(eux)

  • manipuler les autres en modifiant la réalité ou en faisant une fausse représentation de ses intentions

  • faire de l’intimidation ou utiliser son pouvoir pour faire peur aux autres

  • blâmer les autres pour un échec personnel

  • minimiser les réalisations des autres

Il va sans dire que ces comportements ne sont pas recommandés puisqu’ils peuvent nuire grandement au climat de travail et à la performance organisationnelle. De plus, il a été démontré qu’ils sont liés à une augmentation de l’anxiété chez ceux qui les utilisent (thèse doctorale de Stéphanie Jean, 2004). Si vous êtes victime de ce type de comportement de la part d’un collègue, n’hésitez pas à en parler. D’abord à l’extérieur du travail, à quelqu’un de neutre, de façon à exprimer votre point de vue sans être jugé. Si l’impact de la situation déborde le cadre personnel et que plusieurs membres de l’équipe, voire même l’ensemble de l’organisation peut en souffrir, votre consultant en ressources humaines peut être de bon conseil. Il est important de ne pas laisser traîner de tels problèmes. Même si des membres de la direction sont impliqués, ils ne sont peut-être pas en mesure de remarquer les dégâts que leur comportement peut causer. Une prise de conscience peut s’imposer.

Cependant, pour ceux qui souhaitent néanmoins améliorer leur aisance dans la compréhension des enjeux politiques dans leur organisation et apprendre à utiliser les tactiques à bon escient, il existe des formations spécialisées et des livres qui peuvent éclairer sur le sujet. Mais rien de mieux que la pratique sur le terrain! C’est principalement à travers un processus de coaching que l’on peut renforcer ses habiletés politiques de façon concrète. Avoir un bon modèle et recevoir de la rétroaction sur ses tentatives d’influence permettra d’avancer sur la bonne voie. Et je suis certaine que la crédibilité professionnelle et le sentiment de fierté qui s’en suivront sauront grandement récompenser les efforts investis.

Guylaine Deschênes, Ph.D., CRHA