La vérité sur le gazon du voisin

Qui ne s’est jamais dit que le gazon était donc plus vert sur le terrain du voisin? Envier untel pour sa voiture neuve, unetelle pour son énergie, une autre pour ses enfants toujours impeccables… Oui mais savez-vous véritablement quel est le prix pour toutes ces belles apparences? Peut-être qu’untel est très endetté, et que chez l’autre, le couple bat de l’aile… Peut-être aussi que ces mêmes gens vous envient pour autre chose : votre potager, vos rideaux de salon ou votre vieille Jeep?

C’est peut-être plus fort que vous de vous comparer aux autres. OK si c’est pour se consoler ou encore pour se donner des petites idées d’amélioration! Mais c’est véritablement une énorme perte d’énergie que de se dénigrer sans cesse suite à ces comparaisons. Chaque famille a ses forces, ses talents et ses points faibles. Lorsque chacun fait de son mieux, le jugement n’a pas sa place.

Pour résumer cette idée, je pense souvent à la chanson de Sheryl Crow (Soak up the sun) qui entonne avec raison : « It’s not having what you want, it’s wanting what you’ve got. » (« L’important n’est pas d’avoir ce qu’on veut, mais de vouloir ce qu’on a. », traduction libre). Donc, apprécions nos talents et nos avoirs, c’est un bon début pour dompter les éternelles insatisfaites!

Tout est une question de perspective. Beaucoup de références face à la vie se trouvent dans notre esprit, mais nous en avons aussi dans notre corps. Si vous crispez les mâchoires et les poings, pouvez-vous penser à quelque chose qui vous met en colère ? Ce peut être relativement facile, car vous avez ouvert une voie neuronale à travers votre cerveau par les signaux musculaires que vous lui avez envoyés. Si vous essayez de rire haut et fort, avez-vous en même temps des images déprimantes dans votre esprit ? Non, car votre corps est conditionné à ne pas associer les deux états. Conditionnez-vous dès le lever à créer un état agréable dans votre corps. Que ce soit par des étirements, des massages sous la douche en vous savonnant, des respirations profondes, de la musique douce ou rythmée au lieu des nouvelles, une crème hydratante aromatique, etc. Souriez-vous dans le miroir le matin, la différence pourrait durer toute la journée ! Imaginez-vous régulièrement vous sentant bien même dans une situation où vous êtes habituellement mal à l'aise.

Aussi, pour réussir à changer sa perspective face à sa vie, un truc efficace consiste à modifier sa façon de s’exprimer. Et oui! Les mots ont un effet puissant sur notre état d'esprit. Par exemple, la prochaine fois que vous vous direz « Je dois faire cela », « Je devrais faire cela » ou « Il faut que », tentez plutôt de dire « Je pourrais faire cela » ou « Je voudrais que ». Imaginez le poids qui se soulève de vos épaules! Dans le deuxième cas, on se donne la liberté de le faire ou non, et la pression partie, on a beaucoup plus d’énergie pour accomplir ce qu’on souhaitait faire.

Si cette transition s’avère difficile pour vous, faites un exercice de jeu de rôle. Imaginez-vous par exemple que votre meilleure amie vous dit qu’elle est épuisée, qu’elle se sent submergée par ses obligations. Que lui proposeriez-vous? Peut-être de lâcher prise, de demander de l’aide, ou d’exiger moins de perfection dans certains domaines de sa vie? Si ces tactiques sont bonnes pour les autres, alors pourquoi pas pour vous?

Pour aller plus loin dans cette idée, voici une liste de paroles réactives et de paroles proactives en contrepartie :

Réactif → Proactif

- Je ne peux rien y faire  → Examinons les possibilités

- Je suis comme ça, c'est tout →  Je peux choisir une approche différente

- Il m'énerve ! → Je peux contrôler mes émotions

- Je dois faire ça  →  Je vais choisir l'attitude appropriée

- Je ne peux pas  →  Je choisis de

- Je suis obligé  →  Je préfère

- Si seulement c’était comme ça  →  Je vais faire (ou être) … malgré …

Quel style préférez-vous adopter?

Observez le vocabulaire que vous utilisez pour décrire vos expériences. Si vous dites « Je déteste mon emploi », vous serez sans doute plus déprimé que quelqu'un qui dit « Je préférerais faire certaines choses autrement ». Si vous dites « Je suis en colère noire après mon maudit mari », vous allez probablement vous sentir plus fâchée que celle qui dit : « Je suis un tantinet contrariée par ma douce moitié »!

Pour la prochaine semaine, éliminez donc de votre vocabulaire les termes négatifs: déprimé, anxieux, stressé, enragé, exaspéré, au bout du rouleau et remplacez-les par des adoucisseurs: un tantinet ennuyé, légèrement déçu, un brin grincheux, un peu fané… Vous pouvez même renverser la vapeur et trouver un substantif plus dynamisant: au lieu de embarrassé, mis au défi ! au lieu de stressé, plein d'énergie ! Vous pouvez aussi renforcer les descriptifs déjà positifs par des amplificateurs: adorer plutôt qu'aimer, être radieux plutôt que bien, captivant plutôt qu'intéressant, comblé plutôt que satisfait, phénoménal plutôt que bon… Les mots passionnés amènent un état passionné. Je vous jure que c’est le meilleur engrais pour faire verdir votre gazon!

Guylaine Deschênes, Ph.D., CRHA

Cet article a été publié sur le site de Mères & Cie (2011).