Gestion du changement: comment négocier un virage organisationnel sans déraper?

Il paraît qu’il n’y a rien de plus stable et prévisible que le changement. La vie est en constante évolution, et la capacité à s’y adapter est un atout fort intéressant pour quiconque veut traverser les turbulences de la vie avec sérénité. Il en est de même dans le milieu du travail, où les changements sont fréquents et bouleversent parfois le cadre de référence professionnel des employés qui y sont confrontés. C’est pourquoi il est important de prendre soin de bien gérer les changements majeurs, afin de s’assurer qu’ils seront vécus de la façon la plus harmonieuse possible. Le texte qui suit vous donnera quelques pistes de réflexions sur les stratégies à adopter en matière de gestion du changement, tant sur le plan organisationnel qu’individuel.

Pour les organisations

Les principales clés à retenir pour une gestion efficace du changement sont Planification et Communication. En effet, les changements réussis ne sont pas improvisés. On les implante graduellement, après un projet pilote par exemple, ou avec des petites étapes réparties dans le temps. Pour ce faire, on peut adopter un mode de gestion de projets, qui s’avère très approprié dans un tel contexte. Pour réussir le changement, on peut même mettre en place un comité de coordination à l’interne, où on retrouve au moins un représentant de chaque groupe d’employés (syndiqués, gestionnaires, professionnels, personnel administratif, représentant des RH, etc.). De cette façon, on peut mieux répondre aux questions pertinentes : Qui sera touché? De quelle façon? À quel moment? Ainsi, le comité sera en mesure d’anticiper les résistances potentielles et de trouver des façons de les amoindrir. Il est aussi recommandé d’identifier les éléments sur lesquels les employés ont encore le contrôle, de façon à obtenir leur engagement à mettre leurs efforts dans cette direction (et non à l’encontre de ce qui s’en vient qui est hors de leur contrôle).

À ce sujet, les résistances au changement sont inévitables car les êtres humains cherchent à demeurer dans un état d’équilibre. Qui dit changement dit instabilité passagère, et qui dit instabilité dit résistance pour rester dans l’état confortable et connu. Le premier signe de résistance au changement s’observe souvent par la « machine à rumeurs ». En effet, dès qu’un changement majeur se pointe à l’horizon, les employés les plus insécures seront portés à se faire des scénarios et à les partager à leurs collègues… Une catastrophe est en vue! On va tous perdre nos emplois! Dans cette optique, rien de mieux qu’un bon plan de communication. Le succès dans les démarches de communication repose d’une part dans l‘implication rapide et convaincante de la haute direction, qui transmettra son message sur les avantages attendus par le changement tout en mettant l’emphase sur la mission de l’organisation, et d’autre part dans le fait de donner la possibilité aux employés d’exprimer leurs appréhensions et de poser leurs questions. À chaque étape du changement son mode de communication : présentations en grand groupe des orientations communes, communiqué ou courriel pour les détails administratifs, réunions d’équipe pour les questions plus pointues, affiches, Intranet, journal d’entreprise, forum de discussion, etc. Plus on communique l’information de façon transparente et fluide, plus les employés se sentiront respectés et rassurés dans le processus et plus leurs attentes seront réalistes. Si un programme d’aide aux employés est en place, il peut être pertinent d’y référer les personnes les plus susceptibles de vivre des difficultés d’adaptation.

Pour les individus

Sur le plan individuel, il y a aussi moyen de prendre action pour mieux apprivoiser la nouvelle situation. D’abord, tenir compte des émotions variées au fur et à mesure qu’elles surgissent (choc, colère, angoisse, déception, dévalorisation, frustration, doute, tristesse, incertitude, enthousiasme, etc.) et les extérioriser à quelqu’un de confiance. Sinon, toute émotion refoulée risque de se manifester par des problèmes de santé physique par la suite : maux de tête, maux de dos, insomnie, problèmes digestifs, etc.

Aussi, il est important de tenter de maintenir une attitude positive face au changement, du moins sur les lieux du travail. En effet, le négativisme est contagieux et très néfaste pour le climat de travail. Et il est surtout complètement inutile! Le changement aura lieu de toutes façons, que vous l’acceptiez ou non. Alors pour minimiser l’impact sur soi et ses collègues, il est préférable de tenter de voir le bon côté des choses et de ruminer le négatif sur une autre tribune. Il y a toujours des avantages et des inconvénients au changement. Mais à long terme, on change habituellement pour le mieux. Personne ne peut être contre la vertu!

Finalement, pour mettre toutes les chances de son côté afin de réussir à passer à travers cette période sans trop de mal, il est d’autant plus important de prendre soin de soi. Le changement est une source de stress importante, alors c’est le moment tout indiqué pour s’offrir un massage, une fin de semaine de détente ou une soirée entre amis pour se changer les idées. Tout ce qui fait du bien et qui peut recharger les batteries en cette période de baisse d’énergie. Et vous verrez (c’est cliché, je sais, mais c’est vrai), le temps arrange bien les choses…

Guylaine Deschênes, Ph.D., CRHA