Comment se motiver soi-même quand on souffre de lundinite?

Êtes-vous un adepte du bouton d’arrêt momentané ou fonction répétition de votre réveille-matin? Votre travail ne vous donne-t-il plus envie de vous lever? Commencez-vous à l’appréhender dès le dimanche en fin de journée? Quel dommage! Si vous vous reconnaissez dans ce portrait, il serait tentant de vous proposer un exercice de réorientation professionnelle. Mais ce n’est pas toujours simple de changer d’emploi, notamment dans un contexte économique morose. Vous trouverez donc dans le texte qui suit divers trucs pour vous motiver à travailler et à surmonter ce syndrome, la « lundinite ».

La première étape pour améliorer votre état serait de dresser la liste des aspects positifs et négatifs de votre travail. Il y a fort à parier que la première liste sera plus courte que la deuxième, mais faites un effort pour trouver quelques éléments qui vous plaisent. Il peut s’agir de collègues avec lesquels vous avez des affinités, de votre paie ou même d’un plat à la cafétéria! Soyez imaginatif! Il est impossible de tout détester dans son environnement de travail. En mettant l’accent sur ces aspects le matin, vous pourriez réussir à arriver au boulot en souriant. Même si votre sourire vous paraît forcé au début, cela crée malgré tout une chimie positive dans le cerveau et votre corps sera mieux disposé à bien travailler.

La deuxième liste pourrait vous servir à identifier certains irritants à éliminer ou à réduire, en collaboration avec votre équipe. De plus, vous pouvez, par des gestes simples, enjoliver votre environnement de travail. Si les politiques de l’entreprise le permettent, transformez votre bureau en lieu à votre image, en y déposant photos, fleurs, plante, objets décoratifs, etc.

Par ailleurs, certains changements dans votre vie en dehors du travail peuvent contribuer à soulager votre « lundinite ». Adoptez d’abord un horaire de sommeil stable. Commencez la semaine avec une activité plaisante. Partagez votre déjeuner avec des gens que vous appréciez, au bureau ou à l’extérieur, prenez une marche pour vous oxygéner, écoutez votre musique préférée en allant travailler plutôt que les nouvelles, etc. Bref, mettez les chances de votre côté pour créer un état d’esprit positif. Le lundi soir, récompensez-vous pour cette première journée accomplie. Un bon bain chaud vous détendrait, pourquoi attendre le vendredi soir? Vous pouvez aussi agrémenter votre pause du midi, par exemple en allant à une courte séance de soins esthétiques ou en allant flâner chez le concessionnaire automobile, n’importe quoi pour couper la journée en deux! Aussi, si votre travail ne comble pas certains de vos besoins (créativité, aider les autres), il peut être fort utile de pratiquer des activités paraprofessionnelles en ce sens (cours de peinture, bénévolat).

Petite idée originale pour vous motiver : le vendredi soir, vous pouvez vous écrire un petit mot que vous retrouverez dans votre tiroir, sur votre babillard ou dans votre boîte de courriels, pour vous souhaiter un bon retour au travail et vous remercier pour les accomplissements de la semaine. Enfin, lorsque la fin de semaine arrive, rien de mieux que de fermer l’interrupteur. Interdit de penser au boulot! Changez-vous les idées! Vous avez bien mérité ces journées de congé.

Vous pouvez adopter ces stratégies particulièrement le lundi, et le mardi au besoin. Habituellement, le syndrome commence à s’alléger vers le milieu de la semaine et les derniers jours sont plus faciles à traverser. Soyez donc les ambassadeurs du lundi et vous rendrez du même coup votre entourage plus heureux, tout en améliorant votre système immunitaire. Tout le monde y gagne!

Guylaine Deschênes, Ph.D., CRHA

Cet article a été publié dans La Presse (2009).